04-27-2012 - Art-numerique 1-01-01

Arts numériques à Montréal I

27 avril 2012

Nous sommes à peine sortis de l’hiver que nous voilà déjà propulsés dans la saison frénétique des festivals. Car bien avant le Festival de jazz, une myriade d’événements plus discrets, mais tout aussi percutants, attire aussi les regards vers Montréal: les festivals d’arts numériques qui auront lieu ce printemps. Quoi de plus normal donc pour l’agence numérique TP1 que d’en faire un petit tour d’horizon!

Soulignons tout d’abord l’importance de cette forme d’art à la croisée de nombreuses disciplines: sciences générales (pas seulement la technologie), culture, communications, design, architecture, linguistique et psychologie. Car bien qu’on ne cesse de parler de l’effervescence créative de la métropole, il faut se rappeler qu’un des moteurs essentiels de celle-ci est le numérique. Montréal doit en effet une grosse part de son essor à la force créative de sa société culturelle, informationnelle et technologique, qui encourage le partage du savoir et du savoir-faire collectif.

« It’s hard to say where the wired world starts and where the real world ends. »

L’art numérique a vu le jour dans les années 1960, lorsque les artistes ont commencé à numériser leur contenu. Cette numérisation a permis de décupler le processus créatif et d’offrir une plus grande liberté d’expression. De nos jours, les artistes numériques jouent le rôle – essentiel – d’éclaireurs des mondes de demain. Ils sont des novateurs qui repoussent sans cesse les frontières de la création par des formes d’expression artistiques et technologiques audacieuses, souvent dénuées de toute censure.

Le numérique est partout

Comme le souligne la Biennale internationale d’art numérique (la BIAN), le numérique est parvenu à s’immiscer dans toutes les sphères de nos vies; il est devenu l’extension du soi par excellence. Il est en quelque sorte le pinceau de l’artiste numérique. Et, grande nouveauté, ce dernier peut désormais partager ce pinceau avec le spectateur, qui a désormais la possibilité d’interagir et de prendre part à la création. Il s’agit là d’une source d’inspiration inouïe pour les artistes et les artisans du web que nous sommes.

Les performances proposées pendant cette période festive touchent aux questions du rapport de l’homme à la technologie (biotechnologie, nanotechnologie, etc.), aux réseaux, à l’encodage, à l’abstraction, au liminal, à l’extrême, au flux continu – quasi aléatoire – des sources d’information et de diffusion et à la synesthésie (la confusion des sens). Je m’explique: dans notre rapport au web (le net art, la vidéo streamée, les jeux MMO), force est de constater que l’image et le son vont de pair et exacerbent notre perception du monde extérieur. Nous pourrions même dire que la profusion des écrans tactiles à grande échelle nous a ajouté un 7e sens… De nombreuses expériences exploitent également la qualité vrombissante de la basse pour provoquer des réactions corporelles, tester notre résistance et secouer nos habitudes. Le Festival Transamériques cite à ce propos John Cage: « Si un son vous dérange, écoutez-le. » Ces sensations extrêmes ont souvent pour objectif d’ouvrir de nouvelles portes perceptuelles.

La transversalité des disciplines – qui brise les frontières, transcende toute forme d’étiquetage et qui invite à une véritable chorégraphie des médias – crée une esthétique, un langage et un code comportemental propres. À vous d’en décoder le sens au fil de vos découvertes. Et comme la Ville nous offre une panoplie de plaisirs connexes (cafés, restaurants, espaces publics et commerciaux) tout aussi interactifs, sortez des sentiers battus et faites votre propre parcours!

Voici la liste des festivals, avec une sélection personnelle de quelques œuvres:

TEMPS D’IMAGES – jusqu’au 27 avril

Depuis 7 ans à l’Usine C, le festival TEMPS D’IMAGES se joue des frontières entre les genres, les disciplines et les médias. Depuis sa création, TEMPS D’IMAGES explore des territoires nouvellement cartographiés… Peu enclins à s’enfermer dans un genre unique, ils ont revisité les rapports scène/salle/écran sans jamais cesser de les bouleverser. Le festival déborde aujourd’hui largement cette combinatoire initiale et explore désormais le spectre de tous les champs possibles de cette relation scène/image.

  • Kiss & Cry de Michèle Anne De Mey et Jaco Van Dormael
  • Whitebox de Purform
  • Peptone de Departement

Biennale internationale d’art numérique – jusqu’au 13 juin

La Biennale internationale d’art numérique répond à un souhait, celui de créer une manifestation marquante révélant l’effervescence de l’art numérique sur notre territoire et la maturité de la discipline à l’échelle internationale. La BIAN met en valeur les volets art de l’installation et art public de cette discipline. Sous le thème Phénomènes, la BIAN rassemble des œuvres qui dévoilent ou questionnent la façon dont le phénomène numérique est aujourd’hui perçu, devenant, vu son développement, « indiscernable de la magie » comme l’écrivait Arthur C. Clarke.

  • Fragmentation de Robert Lepage, Sarah Kenderine, Jeffrey Shaw
  • Exposition de Ryoji Ikeda
  • Parcours Numérique: BLA BLA de Vincent Morrisset, Epiphaneia de Refik Anadol, 21 balançoires de Mélissa Mongiat et Mouna Andraos…

Elektra – du 1er au 6 mai 2012

C’est à travers quinze lieux partenaires que se déploie la programmation 2012 où vidéo, musique, concerts, performances audiovisuelles et vidéoprojections architecturales côtoient des propositions hybrides d’installations performatives, robotiques et immersives. Elektra vous convie à cet incontournable rendez-vous d’expérimentation et de découverte d’oeuvres singulières, alliant musique électronique de pointe et création visuelle issue des nouvelles technologies. Elektra met à l’avant-plan cette année le thème de l’INVISIBLE – les processus numériques devenant de plus en plus imperceptibles dans la création, qu’elle soit sonore ou visuelle.

  • Synchropath de SCHNITT
  • univrs (uniscope version) de Alva Noto (Carsten Nicolai)
  • Sirens de Ryoichi Kurokawa

Festival Transamériques – du 22 mai au 9 juin

Événement international de création contemporaine, le Festival TransAmériques mêle disciplines et courants artistiques dans une programmation unifiée. Le Festival donne à voir et à entendre la représentation de l’art de notre époque, à travers les œuvres de chorégraphes, d’auteurs et de metteurs en scène. Une seule ligne de conduite, la présentation d’oeuvres fortes, indépendamment des thèmes et de la géographie.

  • Dance With Me de Gregory Chatonsky
  • Le Corps en Question(s) de Isabelle Van Grimde

Festival Sight and Sound – du 23 au 27 mai

Sight & Sound est un festival annuel visant à rassembler les artistes des nouveaux médias canadiens et internationaux. Le festival dévoile l’effort d’artistes du son et de la vidéo ainsi que celui d’artistes de tout mode de production numérique se concentrant sur la performance audio/visuelle, l’installation audio/visuelle et les pratiques interactives. Cette quatrième édition du festival se déroule sur le thème des Systèmes symétriques.

  • Layers de Nohista (membre de V-Atak)
  • Thomas Bégin
  • Zach Gage
  • le label Artkillart

Mutek – du 30 mai au 3 juin

MUTEK est un organisme sans but lucratif, dédié à la diffusion et au développement des formes émergentes de la création numérique sonore, musicale, visuelle. Son mandat: offrir aux artistes les plus originaux et visionnaires du domaine, un tremplin visant à les faire connaître et les propulser le plus loin possible dans leur concept de création, et ce, dans une dynamique d’initiation, de sensibilisation et de développement de nouveaux publics. Au fil des ans, le Festival MUTEK a présenté un nombre considérable d’artistes reconnus, tout en accordant une place importante à ceux de la relève – chaque édition comporte d’ailleurs une quantité remarquable de premières canadiennes, nord-américaines et internationales.