10-10-2014---Conflit-et-design

Conflit et design: un atelier de stratégie de contenu

10 octobre 2014

Chose promise, chose due! Voici un compte-rendu de l’expérience que j’ai vécue en assistant au UX Fest, évènement spécialisé en expérience utilisateur et ses disciplines connexes. Et plus particulièrement, suite à ma participation à l’atelier-conférence donné par le designer canadien Steve Fisher, portant sur la stratégie de contenu à l’ère de l’adaptativité.

29 septembre, 9 : 00, Watertown, Massachussett.
C’est avec feutres, cahiers et café en main que les participants se sont rassemblés à l’atelier. D’entrée de jeu, Steve Fisher nous révèle que la stratégie de contenu est selon lui une discipline particulièrement mal aimée mais que plusieurs la pratiquent de façon sous-entendue. « C’est grâce à notre réflexion, consciente ou non, que les designers UX évitent les écueils du contenu de basse qualité; désintérêt, mauvaise réputation et rétention faible des utilisateurs », explique-t-il.

Il s’agit d’une « inévitable réflexion », ajoute-t-il d’ailleurs. Mais le coeur de la discussion se trouve ailleurs. Une question m’habite déjà : est-il réellement pertinent d’aborder la stratégie de contenu sous l’angle de l’adaptatif? N’est-elle pas déjà, par définition, une pratique qui considère l’analyse du médium comme faisant partie intégrante de son processus?

« Oui et non », relativise le designer. « Il est impératif d’approcher la réflexion sous l’angle de l’échange entre spécialistes; du conflit. » À notre époque, la multidisciplinarité inhérente de l’UX demande une compréhension accrue des notions de la créativité en équipe. « L’objectif ici n’est pas de faire l’apologie de la philosophie adaptative (maintenant la norme) mais plutôt de fournir un rappel, une lumière sur les méthodes qui nous permettent de développer la disposition des contenus de façon stratégique. L’adaptativité nous fournit un puissant outil qui peut refléter efficacement la nature des équipes de travail d’aujourd’hui (multidisciplinaire).

Dès le début de l’atelier, des équipes de 3 à 5 personnes ont été formées. Ne nous connaissant pas, nous avons dû développer rapidement une méthode de travail car les séances pratiques étaient courtes. Chaque itération pouvait durer au maximum 15 minutes, suivie d’une présentation d’une minute. Notre sujet serait un site ou un projet requérant un apport stratégique, soit quelque chose sur lequel nous avions travaillé par le passé ou un projet choisi sur le moment.

Pour diriger l’exercice, la période fut séparée en 4 sections distinctes, étapes déterminantes pour la stratégie de contenu :

1. Déterminer l’origine des contenus

Selon la demande et les paramètres du projet, il est impératif de déterminer la provenance des contenus. Les notions telles que le ton employé, la pertinence face à la marque originelle ou le type rédactionnel sont importantes à envisager.

2. Définir le public cible

C’est à cette étape que l’équipe est amenée à comprendre l’un des points majeurs de la stratégie. Que ce soit sous la forme d’un persona classique, ou d’une simple liste, la cible devient l’instigatrice de la prochaine étape.

3. Statuer la mission

Quelle est la mission ? L’objectif principal ? C’est important de déterminer efficacement quelle est « l’âme » du projet sous la forme d’une phrase communiquant les aspects principaux du projet.

4. Créer les principes de design

Par principes de design, on entend : les critères qui, par leur implémentation, viendront s’assurer de la pertinence de la stratégie finale. Par exemple, pour un blogue, proposer la notion de contenu participatif.

« Il faut se battre lors des moments difficiles. C’est ce qui nous aide à nous comprendre et nous unit » – Steve Fisher

Au lieu de nous pousser à dévoiler des solutions avancées, l’atelier en lui-même s’est révélé être un exercice. L’objectif? Comprendre ces 4 étapes et les intégrer lors du retour au travail. C’est au moment de l’affrontement (conflit) entre les participants que les qualités de l’activité se révèlent intéressantes : « tout le monde sait qu’il faille se disputer lors d’un effort d’équipe, mais pourquoi on ne le fait pas? Pourquoi les idées médiocres survivent-elles au processus? Simplement parce que le conflit est vu comme négatif et épuisant. Sous la forme d’une activité planifiée, on retrouve le jeu de la compétition saine et on n’effraie pas ceux qui, habituellement, redoutent la confrontation. »

On comprend que l’objectif final n’était pas de s’épandre sur ce qu’est la stratégie de contenu. L’exercice m’a plutôt appris qu’une bonne définition des bases de la stratégie permet d’énormes gains tout au long du projet. Le conflit, élément central, devient plus important qu’une quelconque tentative de définition bancale, piège qu’à ingénieusement évité Steve Fisher lors de la séance.