cover-future-food

Le futur de l’alimentation

26 juillet 2016

Manger local, bio ou santé? Manger avec les yeux ou manger savoureux? Les foodies canadiens sont face à leurs dilemmes.

C’est l’une des conclusions de la dernière édition de l’étude «Eaters Digest: The Future of Food» de Havas. Retour sur trois tendances qui vont continuer à prendre de l’ampleur au Canada.

Moi, mon corps et ma planète

Plus de 62% des Canadiens considèrent que notre chaîne d’approvisionnement alimentaire devient de plus en plus contaminée et dangereuse pour la santé. Et il ne s’agit pas uniquement de regarder la qualité de ce qui se trouve dans notre assiette. Les prises de positions de certains chefs célèbres (de Jamie Oliver à Alain Ducasse) ont réaffirmé les liens entre les conséquences de nos habitudes alimentaires sur l’environnement et leur influence sur notre santé.

Ce qui apporte ainsi de nouveaux questionnements. Faut-il manger plus de légumes, même s’ils sont hors-saison? Faut-il manger bio à tout prix?

Bio c’est bien, local c’est mieux

Quelque 54% des Canadiens se disent prêts à payer plus cher pour des aliments produits localement.

Dans le domaine alimentaire, consommer local devient un gage de notre statut de super-consommateur, qu’il s’agisse de souligner la fraîcheur des produits, la diminution des impacts du transport, la meilleure traçabilité des aliments ou encore le soutien au tissu économique local. Et avec seulement 32% des Canadiens qui ont confiance en la qualité des produits des grandes chaînes d’épicerie, la consommation et la production locale deviennent des solutions de plus en plus attirantes. La proximité physique crée une proximité psychologique, une familiarité avec le produit.

Mais consommer local ne signifie pas toujours de faire un choix plus éthique. Nous aimons mieux manger une tomate de notre jardin, même si elle est polluée par les gaz d’échappement automobiles et les métaux lourds. Nous préférons une pêche canadienne qui a voyagé plus de 4 000 km depuis la vallée de l’Okanagan, plutôt que celle du Vermont, juste de l’autre côté de la frontière.

Le #FoodPorn, là pour rester

Quelque 46% des milléniaux canadiens déclarent que les réseaux sociaux sont leur principale source d’inspiration culinaire. La nourriture devient une monnaie sociale et conversationnelle. Un souper au restaurant, une occasion d’augmenter ses likes sur Instagram. Un voyage, la chance de mettre en scène ses expérimentations gastronomiques. Le stylisme culinaire et la photographie tendent à prendre le pas sur le goût et la recette. Et plus on passe de temps à regarder des plats qui sont beaux, dressés de façon professionnelle, moins on fait confiance à nos propres capacités et moins on cuisine. Plus de 60% des milléniaux reconnaissent ainsi que leurs connaissances gastronomiques dépassent de loin leur capacité à cuisiner.

Mais comment maîtriser son alimentation lorsqu’on ne cuisine même plus ses repas? Comment conserver un rapport sain à l’alimentation quand on mange non pas pour vivre, mais pour photographier?

Pendant des siècles, le rapport des hommes à l’alimentation était simple: on mangeait ce qui était disponible, sans se poser de question.

Aujourd’hui, les consommateurs ont le choix. Le choix de manger avec les yeux, la tête ou le cœur. Il faut choisir entre le plaisir, la conscience sociale et la responsabilité environnementale. Mais le consommateur veut TOUT. Il veut le beau, le bon ET le bien. Plus une marque réussira à résoudre les contradictions, plus elle s’imposera rapidement. Dans le domaine automobile, par exemple, une marque comme Tesla est capable de justifier des prix élevés, car elle promet aux automobilistes le design, la performance et le respect de l’environnement.

À découvrir aussi dans l’étude: un aperçu des 3 cultures alimentaires dominantes — les sociaux, les naturels et les fébriles — ainsi que 10 aliments pour 2016.

Téléchargez l’étude au http://mag.havasww.com/prosumer-reports/eaters-digest.

Étude menée en février 2016 en partenariat entre Havas et Market Probe auprès de 11 976 hommes et femmes dans 37 pays, dont 500 au Canada.