A-Moment-with-Patrick-Watson

Retour sur la soirée 15×15 avec Félix et Paul, Patrick Watson et l’Oculus Rift

10 avril 2014

Assis sur un sofa dans un studio de musique, devant moi, un homme joue au piano. En fait, il pianote, on dirait qu’il cherche quelque chose. Cet homme est Patrick Watson et je suis dans son studio. Je tourne la tête à droite, des câbles serpentent le studio. Mon regard se pose à gauche, et je remarque un gros chien noir écrasé sur le plancher, c’est Bilou! Patrick allume une cigarette, le son, la vue, la sensation d’être présent sont là, mais l’odeur ne se rend pas à mes narines. C’est une expérience à la frontière du rêve et du réel. Bienvenue dans l’univers des possibles de Félix et Paul rendu possible grâce à l’Oculus Rift.

Félix Lajeunesse et Paul Raphaël sont les co-fondateurs de l’entreprise éponyme. Déjà bien établis en production multimédia, ils ont lancé en mars ONCE, un service de production en réalité virtuelle. Après quelques essais avec l’Oculus Rift, l’expérience avec Patrick Watson est leur première « vraie » production pour ce médium.

On associe généralement la réalité virtuelle au monde du jeu vidéo, et non à des expériences intimes et riches émotionnellement comme celle avec Patrick Watson. Peut-être parce que le médium a été largement influencé par la science-fiction: Star Trek, Tron, etc., comme le soulevait Félix Lajeunesse lors de sa présentation.

L’expérience avec Patrick Watson est bien loin de ce qu’on peut imaginer de la réalité virtuelle. Et le résultat est surprenant. Une fois la visière attachée et que le cerveau s’habitue à cette nouvelle réalité, on assiste à l’émergence d’un nouveau médium. Une toute nouvelle forme « d’expérience de présence », comme l’explique Félix. Durant ces 8 minutes en compagnie de Patrick Watson, un lien émotionnel et une empathie se créent. Le spectateur se sent gêné de détourner le regard de l’artiste. À un certain moment, Patrick fixe la caméra (et donc le spectateur) et il devient quasi-impossible de rester indifférent. Ça me fait penser aux spectateurs horrifiés fuyant la salle lors de la projection, en 1895, du premier film au cinéma d’un train qui avance vers la caméra.

Comme tout nouveau médium, ce sont les hackers et les bidouilleurs qui le poussent et aident à le définir, comme c’était le cas avec la photo, la radio, la télévision ou le jeu vidéo. « Nous avons rejeté notre bagage en cinéma, car il était inutile pour la réalité virtuelle. On ne savait pas comment le faire, on l’a donc inventé. Tout de suite, nous avons compris le potentiel de la réalité virtuelle comme nouveau médium. » racontait Félix. On aurait cru entendre quelqu’un qui découvre Internet pour la première fois!

Le futur de la réalité virtuelle est bien réel et j’ai hâte d’y être. D’ici là, voici quelques réactions de gens qui ont assisté à cette première soirée 15×15:

Ce qui est fascinant pour un annonceur, c’est la possibilité de s’intégrer dans une nouvelle réalité (virtuelle) de l’utilisateur et pousser les limites en terme de marketing de contenu. Le challenge des annonceurs ici sera de réfléchir sur la façon dont ils peuvent s’imprégner de cette nouvelle réalité, de s’adapter au comportement de l’utilisateur, dans une structure narrative où la marque ainsi que ses bénéfices deviennent encore plus tangibles.Stéphanie Trudel, Aldo

Je me suis assise pour essayer l’appareil: je savais exactement à quoi m’attendre. La seule chose à laquelle la lecture ne pouvait pas me préparer, c’est que pendant une fraction de seconde, on aurait dit que c’était vrai. – Cynthia Savard, TP1

Wouah. Ça ne m’arrive pas souvent – en ma qualité de journaliste! – de manquer de mots pour décrire un événement ou une expérience, mais je dois dire que Strangers laisse bouche bée. C’est Félix Lajeunesse qui avait les mots les plus justes à cet égard: l’essayer, c’est comme accepter d’être télé-transporté dans l’intimité du studio de Patrick Watson. Une fois le choc initial passé – celui d’être complètement immergée dans un décor « seamless »; celui, aussi, de ne pas voir mes mains! – faut dire que je me suis plutôt amusée. J’ai eu peur d’être un peu étourdie ou de me mettre à pleurer (je suis une grande sentimentale, au fond!) Finalement, j’ai ri, j’ai bougé, tourné la tête dans tous les sens… et tendu la main à Bilou, en espérant qu’il me remarque et se lève pour venir me dire bonjour. Julie Buchinger, Infopresse

« La SAT est fière de découvrir de talentueux innovateurs montréalais œuvrant dans le domaine de l’immersion et de constater que ce domaine d’expertise québécois se raffine et se diversifie de plus en plus en matière d’œuvres numériques et de techniques de production sphérique. » Louis-Philippe St-Arnault, Société des arts technologiques

J’ai eu la chance de vivre ce que le divertissement de demain aura l’air, et je trouve super que TP1 tout comme Félix et Paul aient eu la générosité de rendre cette expérience accessible et partager l’aventure dans laquelle ils se sont retrouvés à SxSW. Lynda Zuliani, Loto-Québec

C’est ce qui rend l’expérience Patrick Watson si singulière. Une aventure interactive, dans la laquelle il se passe peu à l’écran et beaucoup dans notre tête, où l’on met la personne au centre de presque rien, qu’on prend le temps de prendre le temps et ou on oublie la technologie. Parce qu’au fond, la meilleure expérience immersive, c’est quand on oublie qu’on est dans une expérience immersive. John Pankert, TP1

Tout au long de la soirée, je ne pouvais m’empêcher de me dire qu’il y avait de bonnes chances que dans 4, 5, 6 ans, la réalité virtuelle soit bien implantée dans nos habitudes de divertissement, et qu’on repense à tout ça en se disant: « On était là, on a vu les premiers prototypes, on a touché au futur un peu avant tout le monde. » La réalité virtuelle présente selon moi un grand potentiel pour le monde du divertissement, et la soirée 15X15 nous a montré que ce potentiel pouvait s’étendre bien au delà du gaming. Gabrielle Madé, Fonds des médias du Canada / Creative Mornings

Si, quand on parle de réalité augmentée, certains pensent tout de suite aux jeux vidéo, Félix et Paul leur montrent toutes les possibilités de cette technologie, notamment dans le monde de l’art et de la culture. Ils rappellent également que lorsque la technologie est bien exploitée, elle s’efface pour ne laisser place qu’à l’expérience que l’on vit. Ce n’est qu’un début. Impatient de voir la suite! Benoit Chamontin, Geeks and Com’

Une fois le casque sur la tête, j’ai beaucoup apprécié l’idée d’être juste là. Avec Watson, dans son studio de la rue St-Laurent, avec sa clope, son chien et sa musique poétique. On était simplement là, plutôt que de se faire brasser dans tous les sens par un visuel de foire ou d’horreur pour « démontrer tout le potentiel du dispositif ». On était devant un vrai contenu et une performance de qualité. On regardait là ou notre regard se perdait et la musique incitait à abandonner le reste. Et bien sûr, depuis lors, je me creuse les méninges pour savoir comment diable ont-ils bien pu faire une vidéo HD 360º stéréoscopique? On a déjà vu beaucoup de 360º. Luc Courchesne travaille avec ce médium depuis 30 ans. Le genre se démocratise en ce moment et on est plusieurs, sur différents projets, à creuser les options qui s’offrent à nous, mais la conjonction de leur nouveau dispositif de captation, d’un contenu riche et narratif et l’Oculus Rift offrent défensivement de nouveaux horizons. Yako, Decod

L’expérience de réalité virtuelle sur Oculus Rift de Patrick Watson réalisé par Félix et Paul repousse les limites du divertissement ludique et impressionne. Personne n’est resté indifférent à ce qu’ils ont pu voir et entendre lors de la soirée organisée par la gang de TP1. Quoique simple en soit, l’expérience nous fait réaliser le potentiel de ce que peux nous offrir les nouvelles technologies que sont la réalité virtuelle et la réalité augmentée liées à un contenu créatif riche, immersif et interactif. Serge Landry, Mira Lupa

On se sent comme parachuté dans une réalité différente, dans laquelle notre existence n’est pas réellement définie. On ne sait pas vraiment si notre présence est légitime. On n’interagit pas concrètement avec cette réalité, mais on a pourtant l’impression d’être là. J’ai le sentiment d’avoir vécu une expérience unique de réalité virtuelle. Romain Tiry, Absolunet

Le projet de Félix et Paul est remarquable. Le potentiel créatif et interactif est hallucinant et j’ai déjà très hâte de concevoir et réfléchir à des concepts d’interfaces pour la réalité virtuelle de demain. Jean-François Larouche, La Presse